Comprendre un récit biblique

Le fils prodigue, comprendre le père et ses deux fils

Le cadet revient, le père l’accueille, puis l’aîné refuse d’entrer. Suivre les trois personnages permet de lire la parabole jusqu’à sa dernière question.

Illustration à l’aquarelle d’un père accueillant son fils cadet, tandis que le frère aîné reste à distance près d’une maison de pierre.

Pour comprendre la parabole du fils prodigue, il faut suivre le frère aîné jusqu’à la fin. Le cadet revient après avoir dépensé ses biens, son père l’accueille et organise un repas de fête. L’aîné refuse d’y entrer. Le père sort alors lui parler. Luc 15,11-32 laisse sa réponse en suspens et invite le lecteur à considérer cet accueil depuis les deux côtés.

Nous avons relu le chapitre dans Louis Segond 1910, depuis les murmures des premiers versets jusqu’aux dernières paroles du père. Gardez le texte ouvert. Le début de Luc 15 permet de comprendre pourquoi Jésus raconte aussi la réaction de celui qui est resté à la maison.

Les auditeurs de Jésus au début de Luc 15

Les publicains et les gens de mauvaise vie s’approchent de Jésus pour l’entendre. Les pharisiens et les scribes murmurent parce qu’il les accueille et mange avec eux. Cette scène donne au récit sa question concrète. Peut-on se réjouir de la présence de personnes que l’on tient à distance ?

Jésus raconte d’abord la brebis égarée, puis la pièce perdue. Dans les deux histoires, retrouver ce qui manquait conduit à une joie partagée. Avec les deux fils, le récit s’allonge. Le retour provoque une fête, mais quelqu’un refuse de la partager. La colère de l’aîné rejoint ainsi le problème posé par les murmures du début du chapitre.

Ce rapprochement porte sur la réaction à l’accueil. Il ne permet pas de réduire tous les pharisiens, ni tout le judaïsme, au personnage du frère aîné.

Le départ et le retour du fils cadet

Le plus jeune demande la part des biens qui doit lui revenir. Le père partage son bien entre eux, puis le cadet part dans un pays éloigné. Il dépense tout. Une famine survient ensuite et aggrave sa situation. Embauché pour garder des porcs, il désire leur nourriture sans parvenir à se rassasier.

La faim entre directement dans sa décision de rentrer. Il pense aux ouvriers de son père, qui ont du pain, et prépare des paroles où il reconnaît avoir péché contre le ciel et contre son père. Il veut demander une place de salarié. Le texte associe donc son besoin de manger à la reconnaissance de sa faute, sans décrire toute sa vie intérieure.

Comparez les versets 19 et 21. Dans son projet, il demande à être traité comme un ouvrier. Devant son père, il confesse sa faute et dit qu’il n’est plus digne d’être appelé son fils. La demande d’embauche ne figure pas dans cette parole rapportée. Le récit passe aussitôt aux ordres du père.

L’accueil du père et la colère de l’aîné

Le père voit son fils alors qu’il est encore loin. Pris de compassion, il court vers lui et l’embrasse avant d’entendre sa confession. Il demande ensuite une belle robe, un anneau et des souliers, puis fait préparer le veau gras. Ses paroles donnent la raison de la fête. Son fils était perdu et il est retrouvé.

L’aîné revient des champs, entend la musique et interroge un serviteur. Dès qu’il apprend le retour de son frère, il se met en colère et refuse d’entrer. Le père sort le prier de venir. Il va ainsi vers chacun de ses fils, jusque dans la situation où chacun se trouve.

L’aîné parle de ses années de service et de son obéissance. Il reproche à son père de ne lui avoir jamais donné un chevreau pour ses amis. Il appelle le cadet « ton fils » et l’accuse d’avoir dépensé les biens avec des prostituées. Cette précision appartient à son accusation. Le narrateur avait seulement parlé d’une vie de débauche.

Le père lui rappelle qu’il est toujours auprès de lui et que tout ce qu’il possède est à lui. Puis il désigne le cadet comme son frère. L’aîné compte ce qu’il a reçu pour ses années de service. Le père lui parle de celui qui vient de rentrer.

Carte des trois points de vue dans Luc 15, reformulation du texte
PersonnageObservation dans le récitRepère pour relire
Le cadetPrépare une demande d’embauche, puis reconnaît sa faute devant son père.Comparer les paroles préparées et prononcées, versets 18-21.
Le pèreCourt vers le cadet et sort inviter l’aîné.Suivre ses déplacements, versets 20 et 28.
L’aînéRefuse d’entrer et compare son service au traitement du cadet.Écouter sa plainte, puis la réponse du père, versets 29-32.

Une fin qui laisse le lecteur devant une question

La parabole se termine sur les paroles du père. Luc ne raconte ni l’entrée de l’aîné ni un refus définitif. Une explication de Luc 15,11-32 doit garder cette fin ouverte. Dans sa lecture catholique publiée par le service de catéchèse, Arnaud Lejeune souligne également que l’invitation à la fête reste proposée à l’aîné.

Revenez aux auditeurs de Jésus. Ceux qui murmurent peuvent maintenant entendre la plainte d’un homme resté auprès de son père, mais contrarié par l’accueil de son frère. Le récit leur laisse une réponse à donner. Pour relire cette dernière scène, prenez le temps de répondre à ces deux questions.

  • Au verset 30, l’aîné dit « ton fils ». Au verset 32, le père dit « ton frère ». Que change cette manière de nommer le cadet ?
  • Si l’aîné entrait dans la fête, quelle raison de se réjouir donnée par le père accepterait-il ? Appuyez votre réponse sur les derniers versets.

Cette lecture concerne l’accueil raconté par Jésus. Elle ne donne à personne l’obligation de reprendre une relation dangereuse ou de taire une violence. Les situations familiales réelles demandent de tenir compte de la sécurité et des actes de chacun.

Questions fréquentes

Pourquoi le récit porte-t-il le nom du fils prodigue ?

Le titre courant renvoie au fils qui dilapide ses biens. Au verset 11, Jésus présente pourtant un homme qui a deux fils. Garder les deux en vue aide à lire la seconde moitié du récit, consacrée à l’aîné et à la réponse du père.

Pour commencer aujourd’hui

Relisez les versets 28 à 32 en notant qui reste dehors et qui sort lui parler. Écrivez ensuite une phrase sur la raison que le père donne pour se réjouir. Laissez la réponse de l’aîné ouverte, comme le texte.