La signification biblique d’« un temps pour tout » se précise quand on poursuit la lecture après la formule. Ecclésiaste 3 met en regard des gestes heureux et des événements douloureux, puis demande ce que l’être humain retire de sa peine. Le chapitre poursuit cette question après les versets les plus souvent cités.
Nous avons relu le chapitre en Louis Segond, en gardant ensemble les versets 1 à 15. PRIXM rappelle que cette expression biblique est passée dans le langage courant. Pour l’expliquer, revenons aux actions nommées et aux observations qui les suivent.
Une citation au début d’un poème
« Il y a un temps pour toute chose » renvoie au premier verset du chapitre. La traduction Louis Segond emploie d’abord les mots « Il y a un temps pour tout », puis situe ce qui arrive sous les cieux. Cette ouverture donne au passage une portée large. Elle ne précise encore ni une date favorable ni la durée d’une épreuve.
Des versets 2 à 8, la répétition du mot temps accompagne quatorze paires. La naissance et la mort apparaissent dès le début. Le dernier verset rapproche la guerre et la paix. Entre ces deux extrémités, le texte évoque les travaux humains et les relations, avec des gestes aussi ordinaires que chercher ou garder.
On peut entendre la cadence en lisant ces versets à voix haute. Chaque action reçoit sa place dans la phrase, puis une autre vient lui répondre. Le poème fait ainsi considérer des situations contraires. Il laisse entendre combien une vie comporte de changements, sans donner au lecteur un calendrier pour les maîtriser.
Retrouvez cette citation dans Ecclésiaste 3, aussi associé au nom Qohélet. Lisez ensuite les paires jusqu’au verset 8.
Observer les actions mises en regard
Le tableau ci-dessous retient six paires. Les actions sont reformulées brièvement, et la dernière colonne propose une observation sur leur place dans le poème. Elle relève de notre lecture. Pour citer le texte, revenez à la traduction et à la référence indiquées.
Certaines paires nomment des actes que l’on choisit, comme planter. D’autres évoquent des événements dont on ne décide pas librement, comme mourir. Leur voisinage empêche de lire toutes les lignes comme une série de consignes à appliquer. La forme répétée ne suffit pas à transformer chaque verbe en ordre moral.
| Repère | Actions mises en regard | Observation de lecture |
|---|---|---|
| Verset 2 | Naître et mourir | Les limites d’une vie ouvrent la série. |
| Verset 2 | Planter et arracher ce qui a été planté | Le même ouvrage peut être commencé puis défait. |
| Verset 3 | Tuer et guérir | La violence et le soin entrent dans le champ du poème. |
| Verset 4 | Pleurer et rire | Des expressions opposées de l’expérience humaine se côtoient. |
| Verset 7 | Se taire et parler | Des conduites contraires apparaissent dans une même paire. |
| Verset 8 | La guerre et la paix | La série se termine à l’échelle des relations collectives. |
La paire du silence et de la parole demande, elle aussi, de regarder la situation. Le verset nomme les deux conduites sans fournir ici les critères d’une décision particulière. Pour travailler cette attention au contexte dans un autre livre de sagesse, notre article sur les Proverbes examine deux conseils voisins sur la manière de répondre.
Le rapprochement entre tuer et guérir appelle la même prudence. Nommer la violence parmi les réalités humaines ne donne pas à chacun l’autorisation de la pratiquer. La lecture des versets suivants aide à préciser ce que le chapitre affirme sur l’action humaine.
Lire les Proverbes sans transformer chaque conseil en promesse
Lire les questions des versets suivants
Au verset 9, le texte interroge le gain du travailleur après sa peine. Cette question arrive immédiatement après la série des temps. Le lecteur doit désormais regarder ce que l’être humain obtient au milieu de ces activités. Le verset 10 poursuit cette observation du labeur auquel les humains sont soumis.
Le verset 11 associe deux affirmations qu’il faut garder ensemble. Dieu fait toute chose bonne en son temps, selon les mots de la Louis Segond. Pourtant, l’être humain ne parvient pas à saisir son œuvre du commencement jusqu’à la fin. Le même verset évoque dans le cœur humain la pensée de l’éternité. Le désir de comprendre dépasse ici la connaissance disponible.
Cette limite compte lorsqu’on cherche une explication à un événement précis. Le passage ne livre pas au lecteur la cause divine de chaque maladie ou de chaque perte. Attribuer un sens certain à l’épreuve d’un autre irait au-delà de ce que nous pouvons déduire de ce verset.
Les versets 12 et 13 ramènent l’attention vers une joie accessible au cours de la vie. Dans cette traduction, manger et boire, puis jouir du bien-être au milieu du travail, sont reconnus comme un don de Dieu. La réponse donnée à la question du profit porte ici sur la joie reçue au présent, jusque dans les repas et le travail.
Le verset 14 décrit la durée de l’œuvre de Dieu et l’impossibilité humaine d’y ajouter ou d’en retrancher quelque chose. Il relie cette œuvre à la crainte de Dieu. Dans cette lecture, cela invite à reconnaître devant Dieu les limites de notre action, sans prétendre disposer de sa vue sur l’ensemble.
Le verset 15 revient sur ce qui est et sur ce qui a déjà été. Sa dernière proposition, où Dieu ramène ce qui est passé dans la Louis Segond, mérite d’être relue lentement. Nous pouvons constater ce retour sur le passé sans en tirer une théorie complète de l’histoire ou un programme détaillé pour l’avenir.
Ce que l’on peut dire sans justifier toute souffrance
Le chapitre lui-même donne une raison de garder une parole mesurée. Au verset 16, l’observateur constate la méchanceté au lieu même où la justice devrait être rendue. Le verset suivant évoque le jugement de Dieu sur le juste et le méchant. L’injustice reste donc nommée comme telle après le poème des temps.
Lire ces observations ensemble conduit à refuser de traiter la guerre ou une violence subie comme une chose à approuver parce qu’elle aurait son temps. Le constat d’un monde changeant laisse entière la question du juste. La présence d’un événement dans la liste n’explique pas sa cause et ne dispense pas de répondre au mal.
Voici une application de lecture, distincte de la citation biblique. Avant de reprendre la formule dans une conversation, demandez-vous ce que vous êtes en mesure de dire. Vous pouvez reconnaître qu’une situation demande du temps. Vous ignorez peut-être ce qu’elle deviendra. Ces deux phrases peuvent rester côte à côte, sans annoncer à quelqu’un une issue dont vous ne disposez pas.
Pour continuer, notre page sur la sagesse rassemble des passages à lire avec leurs références. La page consacrée à la patience propose une autre entrée thématique. Ecclésiaste 3 garde ici sa question propre, celle de l’action et de la joie humaines devant une œuvre dont nous ne saisissons pas la totalité.
Questions fréquentes
Où trouve-t-on il y a un temps pour tout dans la Bible ?
La formule ouvre Ecclésiaste 3. Les versets 2 à 8 poursuivent le poème avec quatorze paires, avant la question du travailleur au verset 9.
Que faut-il lire après le poème des temps ?
Les versets 9 à 15 rapprochent la peine humaine, la joie reçue comme don et les limites de notre compréhension de l’œuvre de Dieu.
Pour commencer aujourd’hui
Reprenez les versets 9 à 15 après avoir lu le poème. Sur une feuille, notez la question posée au travailleur et ce que le texte appelle un don. Gardez à côté les mots du verset 11 sur ce que l’être humain ne peut pas saisir.
