Comprendre les Évangiles

Le cep et les sarments : comprendre Jean 15,1-17

Qui est le cep, que représentent les sarments et quel fruit est attendu ? Une lecture suivie avec un schéma et un tableau des mots qui reviennent.

Illustration d’un livre ouvert et de feuilles annotées sur une table, près d’une tasse et de feuillage.

Dans Jean 15, Jésus se présente comme le cep et appelle ses disciples les sarments. Leur lien avec lui permet de porter du fruit. Les versets suivants précisent comment vivre ce lien en accueillant ses paroles et en demeurant dans son amour. Le commandement de s’aimer les uns les autres revient à la fin du passage.

Nous avons relu Jean 15,1-17 en Louis Segond 1910 avec le chapitre précédent. Pour comprendre la phrase « Je suis le cep, vous êtes les sarments », gardez la suite ouverte. Le fruit, la prière et l’amour appartiennent à la même conversation.

Une image dans les paroles d’adieu

Au chapitre 14, Jésus parle à ses disciples de son départ. Il leur promet le Consolateur et leur laisse sa paix. Jean 15 poursuit cet enseignement avant le récit de l’arrestation, au chapitre 18. La question du lien avec Jésus se pose donc alors qu’une séparation s’annonce.

Le vous de Jean 15,5 désigne plusieurs disciples. L’image comprend d’emblée une dimension commune. Chacun dépend du même cep ; les paroles sur l’amour mutuel, aux versets 12 et 17, s’adressent à ces mêmes interlocuteurs.

Le passage change progressivement de vocabulaire. Après le vigneron et les branches viennent les paroles qui demeurent, puis l’amour et la joie. En lisant les dix-sept versets ensemble, on suit ce déplacement sans ajouter à chaque détail de la vigne un sens caché.

Comprendre cep, sarments et fruit

Le cep est le pied de vigne, selon le Dictionnaire de l’Académie française. Un sarment est une branche ligneuse de cette plante, comme le précise le TLFi. Ces mots désignent des éléments liés. Au verset 1, Jésus nomme le Père comme vigneron ; au verset 5, il identifie les disciples aux sarments.

Le verset 2 distingue deux gestes du vigneron. Il retranche le sarment sans fruit et émonde celui qui en porte, pour qu’il en porte davantage. Émonder désigne ici une taille. Le verset 3 rapproche ensuite la pureté des disciples de la parole que Jésus leur a annoncée. Gardez ce voisinage entre le geste et la parole pendant votre lecture.

Les rôles dans la métaphore de Jean 15
  1. Le PèreLe vigneronVersets 1-2
    Il cultive la vigne
  2. JésusLe cepVersets 1 et 5
    Les sarments restent attachés au cep
  3. Les disciplesLes sarmentsVersets 4-5
    Ils portent du fruit
  4. Le fruitLe Père est glorifiéVerset 8

Le fruit reste une image. Le verset 8 l’associe à la gloire du Père et à la condition de disciple. Le verset 16 parle d’un fruit qui demeure. Pour préciser cette fécondité, nous proposons de lire ces phrases avec le commandement d’aimer qui les entoure. Aucun de ces versets ne fixe un montant de revenus ou un niveau de réussite sociale.

Le sarment desséché et brûlé, au verset 6, donne aussi à l’appel une gravité réelle. Le texte avertit de la rupture du lien. Il ne décrit pas la situation personnelle de chaque lecteur en difficulté. Une épreuve ou une maladie ne suffit donc pas à identifier quelqu’un au sarment rejeté.

Suivre le verbe demeurer

Que signifie « demeurez en moi » dans cette séquence ? Le verset 4 formule une invitation réciproque, demeurer en Jésus et le voir demeurer dans les disciples. Le verset 7 parle ensuite de ses paroles en eux. Aux versets 9 et 10, demeurer se rapporte à son amour, avec la mention de ses commandements.

Le tableau relève des reprises utiles en Louis Segond 1910. Il indique où regarder et ce qui change autour du mot, sans prétendre compter toutes ses occurrences.

Reprises de mots dans Jean 15,1-17
Mot ou expressionVersets à rapprocherCe que la reprise fait observer
Demeurer4-5, 7, 9-10 et 16Le lien avec Jésus, ses paroles, son amour, puis un fruit durable.
Porter du fruit2, 4-5, 8 et 16Le fruit dépend du lien au cep et glorifie le Père.
Amour et aimer9, 12-13 et 17L’amour reçu de Jésus conduit au commandement de l’amour mutuel.
Commandement et commander10, 12, 14 et 17La fidélité à Jésus prend une forme précisée par ses paroles.
Demander7 et 16La demande s’inscrit dans les paroles de Jésus et dans son nom.

Au verset 7, la demande en prière vient après deux conditions, demeurer en Jésus et laisser ses paroles demeurer en soi. Au verset 16, elle est adressée au Père au nom de Jésus. Lues ensemble, ces formulations inscrivent la prière dans la relation décrite. Elles ne donnent pas au lecteur un moyen de garantir n’importe quel résultat demandé.

Relire la métaphore avec les paroles sur l’amour

Le verset 9 part de l’amour du Père pour Jésus, puis de celui de Jésus pour les disciples. L’amour est déjà donné lorsqu’arrive l’appel à y demeurer. Le verset 11 nomme le but des paroles prononcées, la joie de Jésus en eux et leur joie parfaite.

Les versets 12 et 17 encadrent la dernière partie par le commandement de s’aimer les uns les autres. Entre les deux, Jésus parle du don de sa vie pour ses amis. Il explique aussi, au verset 15, qu’il a fait connaître aux disciples ce qu’il a appris du Père. Cette parole partagée accompagne le nom d’amis qu’il leur donne.

Au verset 16, Jésus rappelle enfin qu’il les a choisis et établis pour porter un fruit durable. Le lecteur peut ainsi rapprocher la fécondité de cette initiative et des relations décrites. Le texte fait tenir ensemble le don reçu et la manière de vivre avec les autres.

Questions fréquentes

Le fruit représente-t-il uniquement le nombre de personnes converties ?

Jean 15,1-17 ne donne pas ce décompte. Le passage relie le fruit au Père glorifié, à la fidélité des disciples et aux paroles sur l’amour. En faire un indicateur chiffré unique demanderait un argument que ces versets ne fournissent pas.

Pour commencer aujourd’hui

Ouvrez Jean 15 et reliez au crayon les versets 4, 9 et 17. À côté de chaque référence, notez les liens entre les personnes nommées. Revenez ensuite au schéma pour retrouver la place des disciples dans cette relation.